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Brunobé
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Bonjour,

un film est mis ce jour en ligne sur youtube. voici le lien :

http://www.youtube.com/watch?v=Hsdh4Z0I96U

Il s'agit de la bande annonce d'un film tourné en Haute Guinée et qui sera développé en plusieurs épisodes tout au long de l'année à venir.

Bassi signifie médicament en langue malinké. Ce mot est utilisé, comme beaucoup d'entre vous le savent, pour nommer les produits et talismans délivrés par les professionnels de l'occulte, féticheurs comme marabouts.

Entrez de plein pied dans le monde de l'occulte guineén... et d'ailleurs.

Raf
  Bassi, une histoire de parole      
Rafaël  Posté le 26/08/2007 16:14
Rafaël  Le 26/08/2007 17:14  


Bien entendu, vous pouvez voir ce film en plein écran directement sur youtube ;-)

à bientôt

Jpouil  Le 27/08/2007 02:09  


Merci Rafaël pour la bande annonce, et d'ailleurs je suis curieux de voir le film.

D'ailleurs a ce propos, il sort vers quelle date ??


jpouil



Rafaël  Le 27/08/2007 02:14  


Bonsoir,

le film a été fait, refait... mais il va sortir ici en plusieurs épisodes...

Le 1er volet devrait sortir au début novembre certainement. Il traitera du début de voyage et de l'orientation sur ce sujet de recherche...

Bientôt, un blog devrait permettre de comprendre la genèse du film... Le lien vous sera transmis dés qu'il sera créé.

à bientôt, et n'oubliez pas de voter pour cette vidéo. Merci

Rafaël

Rafaël  Le 27/08/2007 02:51  


Je rajoute un message pour dire qu'il manque quelque chose à ma bande son !

En effet, je n'ai pas de morceau de flute peuhl libre de droit.

Toutes les musiques présentées dans le film ont été enregistrées sur place et les musiciens ont été rémunérés.

Ils seront cités ultérieurement ( pour le 1er morceau, un certain bakari koné et un vieil aveugle qui jouaient alors dans les rues de kankan, et le second morceau de percussion, un groupe dont je n'ai actuellement pas le village en tête et qui a été enregistré en 2004 lors de la fête de la mare de Baro... Excellent morceau, très bon percussionniste qui s'illustre ici sur un mendiani... ou boundiani, c'est comme vous voulez les gars... lol)

Rafaël


Rafaël  Le 27/08/2007 03:05  

à la recherche d'un morceau de flûte !!!


Toutes les musiques présentées dans le film ont été enregistrées sur place et les musiciens ont été rémunérés.

Ils seront cités ultérieurement ( pour le 1er morceau, un certain bakari koné et un vieil aveugle qui jouaient alors dans les rues de kankan, et le second morceau de percussion, un groupe dont je n'ai actuellement pas le village en tête et qui a été enregistré en 2004 lors de la fête de la mare de Baro... Excellent morceau, très bon percussionniste qui s'illustre ici sur un mendiani... ou boundiani, c'est comme vous voulez les gars... lol)

Bref, je suis à la recherche d'un morceau de flûte qui même court... surtout peu rythmé et avec un bon son et qui pourrait me permettre d'illustrer certaines séquences. L'auteur sera cité bien entendu... et le preneur de son aussi pourquoi pas...

Dans l'attente de vos messages,

à bientôt.

Rafaël


Max bala  Le 27/08/2007 16:38  


Cette bande annonce me met l'eau à la bouche!!! J'ai vraiment hate de voir ce film, le monde occulte africain m'intéresse énormément mais je ne pensais pas que quelqu'un pouvait vraiment filmer les féticheurs en plein travail!!!

Pour le morceau de flute, appelle moi j'ai peut être une solution...
(j'ai mis le numéro de laurent en mp)

Bonne continuation et à bientôt!!!

Max



Rafaël  Le 27/08/2007 17:13  


Salut,

Maxbala, je vais t'appeler prochainement, j'ai bien eu ton numéro.

Pour le morceau de flûte, je cherche une sonorité locale effectivement... de la flûte peulh... Après je cherche un morceau assez lent quand même, mais bon à voir... Ensuite il faut qu'il y ai un bon son...

Un joueur de flûte peulh peut se lancer s'il veut participer, et créer une petite mélodie sympa.

D'ailleurs sinon ce qui serait bien, c'est un petit morceau de quelques notes, genre jingle (oups j'ai oublié l'ortho...) histoire de faire quelques transitions...

Et sinon, je salues tous les féticheurs qui nous lisent... ;-)

Daniel  Le 27/08/2007 19:30  


Trop cool, Rafael! Vraiment!!

Rafaël  Le 06/09/2007 16:23  


Salut !

Merci de poser cette question Katty.
Le film sera aussi là pour expliquer tout cela en détail, et à l'aide d'image. Cela dit, on peut en parler brièvement.

La différence principale entre le féticheur et le marabout est "la croyance" avec laquelle ils oeuvrent.

Un marabout est une autorité religieuse de l'islam. Ainsi il a plusieurs rôles ; il enseigne le Coran et l'arabe aux jeunes gens (les écoles coraniques), il peut aussi servir aux fidèles pour règler des conflits, de temps à autre, de par ce pouvoir spirituel. Enfin, il peut donc aider en cas de crise et "agir" ou plutôt "faire agir Dieu".
Lorsque le Marabout règle un problème que l'on pourrait estimer relever de la magie, le matériau de base qu'il utilise est le Coran, l'islam.

Le féticheur, lui, oeuvre dans le sillon des croyances "animistes". Il croit aux génies de la brousse et aux forces telles le Nyama. (Notons que le marabout ne réfute pas l'existence de ces forces, au contraire, mais il réprime le recours à ces forces. Il "parle" avec Dieu, non avec les génies, ce qui renvoit à cette phrase psalmodiée à chaque début de prière, et même dans la vie quotidienne des ouest africain "Laïla ilala..." = "Il n'y a de Dieu que Dieu" ou "il n'y a qu'un seul Dieu")

Le féticheur, donc, afin de réaliser ses "médicaments", travaille avec des matériaux de la Brousse : cornes, ossements et peaux d'animaux, plantes, etc...
Il travaille aussi, comme on l'aperçoit déjà dans la bande annonce du film, avec des paroles que l'on appelle des "versets incantatoires". Ces paroles sont des phrases qu'il a appris et qu'il recontextualise un peu à chaque fois (selon la personne, selon ce qu'il y a à demander...).
Enfin, parfois, il y a un sacrifice animal ou végétal de réalisé.

Le marabout utilise aussi la parole comme matériau : mais c'est la parole de Dieu, puisque c'est celle du Coran.
Le marabout utilise le coran d'une autre manière (images aussi dans la bande annonce) puisque sous forme de lettre : soit en écrivant une prière sur un papier, en le pliant, et en faisant de celle-ci un talisman (gri-gris cousus dans une poche de cuir), soit en l'écrivant sur une tablette coranique, en la lavant et en récupérant l'eau qui est issu de ce lavage.

Ce qui est intéressant dans une telle étude, d'ailleurs, c'est de faire le parallèle entre les pratiques du premier et celles du second. Il y a des similitudes entre marabouts et féticheurs qui viennent d'un échange réalisé entre croyances animisme et islam... Echange qui date maintenant de plusieurs siècles...

En effet, vous savez que les croyances varient selon les aires géographique. Ainsi, l'islam d'afrique du nord n'est pas tout à fait le même que celui d'asie ou d'afrique noire... Ce phénomène vient du fait que chaque population "adapte" toujours un peu une croyance au socle religieux duquel elle est issue.
En d'autre terme, même lorsqu'il y a une conversion à une religion, on garde des habitudes et des croyances qui sont ancrées depuis longtemps dans sa culture.

On peut donc dire que féticheurs et marabout sont différents de par la croyance religieuse qu'ils pratiquent... C'est vrai, mais la question n'est pas si simple : pour compliquer le tout, certains féticheurs pratiquent l'islam dans le même temps... Certains marabouts, réalisent des pratiques qui flirtent étroitement avec l'animisme.

à bientôt.

Raphaël

Max bala  Le 07/09/2007 13:45  


Salut Rafaël,

ta réponse est très complète, on voit que c'est clair dans ta tête. Je suis entièrement d'accord avec toi sur la différence entre marabout et féticheur et estime comme toi que ces deux "métiers" sont très entremélés l'un et l'autre.
J'interviens donc, non pas pour faire une éloge de Rafaël, mais pour vous conseiller un livre que vous avez peut être déja lu: Ségou de Maryse Condé. Ce livre est en deux volumes, c'est long mais franchement très bon!!! (je les ai lu 2 fois).
Ce livre raconte l'histoire d'une famille à travers plusieurs générations au sein du royaume de Ségou. A travers la généalogie de cette famille, Maryse Condé arrive à montrer l'évolution historique et surtout sociétale du peuple Bambara avec la transition de l'animisme à la colonisation arabe puis enfin la colonisation française.
Les histoires occultes ont une grande place dans ce livre et justement l'auteur insiste sur le fait que les marabouts, bien que cela soit interdit par le coran, conservent certaines techniques animistes.

Bref j'ai pas d'action chez l'éditeur mais je conseille à ceux qui s'intéressent à la culture africaine de lire ce livre (toute ma famille l'a dévoré!!!)

a tcho fête

Max

Bunard  Le 07/09/2007 16:25  

Yep


Je l'ai lu sous le nom : "Les murailles de Ségou"

Très très bon bouquin... je recommande vivement.
Retrace très bien l'époque où l'Afrique de l'Ouest était la proie d'un étau, au sud les catholiques et au nord l'islam...

p.s: effectivement katy, je me retrouve plus dans les mots de Rafaël : "tout n'est si simple, pour compliquer le tout, les croyances se métissent ..." que dans des généralités approximatives...
Toi même, tu n'en connais pas beaucoup qui ne soient pas animistes : j'en déduis que certains si...
Y a pas de rats, faut mieux en rire que s'en foutre...

Joyeux moments à toi et bon app aux autres... bobidjo

Rafaël  Le 11/11/2007 21:42  


Salut Katy,

je vois ton message aujourd'hui... Suite à bcp de boulot ces derniers temps, je n'ai pas pu mettre en ligne le premier épisode qui n'est pas encore achevé.

J'espère pouvoir le mettre d'ici la fin de l'année 2007.

à bientôt.

Raf

Stef  Le 01/03/2008 08:44  

Le premier épisode de cette longue série nous amène à réfléchir sur le phénomène d'appel à distance. Quand, qui, et comment y a-t-on recours ?


épisode 1, part 1

Stef  Le 01/03/2008 08:46  

BASSI, une histoire de parole... épisode 1, part 2


Cette épisode 1, part 2 tient toutes ces promesses
L’entretien avec le vieux sous les manguiers est vraiment très captivant....
Il nous permettait de toucher quelques peu les tenants et aboutissants de cette science

Un des aspect qui ressort est le rôle fondamentale de la parenté, celui de lien entre la mère et son fils reste un peu plus obscure mais ce n’est peut être que pour nous éclairer dans tes prochains épisodes

Le film reprend tout son dynamisme dans cette 2éme partie de l’épisode 1, nous restons à l’écoute de chacune des paroles nous guidant dans ce monde occultes

Super boulot, d’explorateur, de messager, indispensable à la compréhension entre nos mondes

Continue rafaël et encore Merci


N'oubliez de voter pour ces vidéos sur youtube
http://www.youtube.com/watch?v=Hsdh4Z0I96U


Stef  Le 22/11/2008 11:31  

Bassi, une histoire... La suite !!!!!!


Raphaël continue de nous faire voyager dans ce monde parallèle propre à l’Afrique

Cette science fait partie intégrante du continent
Les épisodes de BASSI sont une tentative d’éclairage sur ce monde de l’ombre, de la case, du masque ou de la nuit, leur auteur tente de nous initier à cette vérité, j’entends par vérité son existence par les croyances qu’elle porte .

Ce deuxième épisode est composé comme le premier de 2 parties
Ces deux parties apportent le témoignage de guinéen ayant été témoin ou récepteur de ces faits, l’incrédule en arrive au doute jusqu'à croire et comprendre les raisons qui ont en font la victime.

Le pardon demandé, l’offense réparée, l’acceptation de ce qui nous est reproché apporte le salut.
Salut accordé par le marabout ou le féticheur titulaire du sort qui nous est jeté…

Si nous résonnons de façon occidentale, une fois les fait accepté la porte de la rédemption s’ouvre et le mal s’efface…
Le résultat est proche mais les acteurs portent des noms différents


Comme l’explique si bien Raphaël avec des mots quelques peu compliqué pour le garçon que je suis
« Le rôle cathartique peu jouer l’identification du sort pour une famille »
Cathartique : Réveiller les souvenirs traumatiques enfouis, à l'origine de troubles, générant ainsi une décharge émotionnelle à valeur libératrice


La critique acide que je fais sur ces derniers épisodes est la magie la poésie, le mystère que le sujet porte, mais que le montage ignore. Nous sommes dans une étude d’ethnologie, mais le message ne s’adresse malheureusement pas qu’à des ethnologues
Pour moi c'est l'émotion qui inscrit l'information, et là l’émotion manque …

La bande annonce de basi était touchante attirante, l’épisode 1 posé le mystère dans le prolongement de l’émotion du début, là l’émotion du début est trop loin, et les témoignages s’entrechoque, ne respire pas assez !
Voici quelques mots durs.

Je réalise cependant la somme de travail accomplie, la fenêtre sur ce monde caché et secret que tu nous a ouvertes. Ceci en fait à mon avis un document exceptionnel, rare et précieux

Bien que j’en regrette un peu la mise en forme

Amicalement stef

Rafaël  Le 07/12/2008 20:07  


Salut,

dans ce film, j'ai souhaité laisser la parole... Je n'ai pas envie de passer trop de temps à analyser les discours, je préfère les offrir à votre analyse.

Pour les personnes qui sont curieuses, ces discours parlent souvent d'eux mêmes.

Pour la dynamique, il est vrai que je ne connais rien au montage... Je me débat avec, mais c'est l'occasion de lancer un appel. Youtube n'est pas un très bon média... Il oblige à mettre en ligne des film d'un maximum de 100MO, ce qui m'a obligé à couper les épisodes en 2 (pas super pour le dynamisme justement).

Si une personne passe ici et s'intéresse au projet, qu'il dispose de talents pour le montage, qu'il se manifeste.

Je manque également d'images de la vie quotidienne pour lier un peu le tout.

Toutefois, il est vrai que ce film est aussi un travail ethnologique. Le but est donc d'avoir des récits assez fidèles à ce qu'ils sont. Les discours sont parfois longs, mais il est difficile de les couper, au risque de trop les dénaturer.

L'émotion est intéressante, elle permet de vibrer, comme dans la bande annonce par exemple, qui sert à montrer ce que l'on pourra voir tout au long du travail.
Mais pour tenter de comprendre, il convient aussi sans doute de sortir de l'émotion, et de la fascination.

Bassi devrait sans doute s'accompagner d'un écrit pour chaque épisode... Un texte qui dissèque justement ces discours.

Je souhaite ainsi revenir sur le second volet, et notamment sur le récit de Mamadou qui se déroule par étape durant tout le long de l'épisode.

Dans l'épisode, le but est de montrer que les étapes semblent irrémédiablement s'enchaîner dans le même ordre :

- Une limite est franchit
- Une discussion est engagée mais chacun campe sur ses positions.
- La partie qui s'estime lésée donne éventuellement un avertissement
- Aucune solution n'étant apportée, la menace suit ("Tu vas voir que je suis de Kouroussa, Kankan, Coyah, ou propriétaire du prés de la vache...")
- Celui qui est menacé continue à camper sur ses positions, il ne change pas du fait de la menace ("On a même rigolé")
Après un temps, la personne menacée est victime de plusieurs revers : il peut perdre son travail, casser sa voiture, tomber malade... Il s'agit alors soit d'une répétition du malheur, soit d'un fait qui ne peut prêter à confusion (son ventre gonfle alors qu'il refuse la paternité).
-Ensuite, éventuellement, c'est une autre personne qui constate le problème et le dénonce. Un travail pour en sortir peut être alors tenté (s'il n'est pas déjà trop tard).

Si l'histoire de Mamadou est intéressante, c'est qu'elle ne se termine pas par la mort. Le frère est toujours en vie, et sa famille tente de le faire revenir à un état de santé antérieur.

On découvre qu'il y a une solution. Effectivement, il s'agit de demander un pardon qui serait libérateur et qui permettrait de recouvrer la santé avec l'aide de ceux qui, auparavant, étaient mécontents.

Un jour, je discutais avec le neveu de Mamadou... Il était âgé de quelques années de moins. Nous avons abordé la question du frère de Mamadou. Il m'expliqua que ce dernier était victime d'une forme de "dépression"... Je lui fis part rapidement de l'explication que Mamadou m'avait avancé, ce à quoi il répondit "oui, ils veulent le voir comme cela..."

Effectivement, ce qui me parait intéressant dans le récit de Mamadou, ce sont des phrases qui tombent : "nous on s'est mis à rire", "Je me suis dis : mais est ce que ce que la femme a dit... c'est pas ça qui commence à sortir ?" ou encore, lorsqu'il rapporte les propos de sa mère : "Ce sont les gens qui l'ont fait... Toute la famille se lève pour que tu te retrouves"

Si l'on sort de l'émotion, peut être que cette dernière phrase peut nous faire comprendre des comportements que nous sommes tous susceptibles d'avoir : le déni. Non, le frère de Mamadou ne s'est pas écroulé dans son travail, non il n'a pas râté quelque chose du fait d'un manque de sérieux, ou d'un trop plein de pression par rapport aux attentes que la famille avait de lui, ou que sais-je encore...

Non : "il faut que tu comprennes que ce sont les gens qui l'ont fait" !

Et plus encore, non seulement Mamadou n'a rien râté et ce sont les autres qui l'ont fait, mais en plus "Toute la famille se lève" pour qu'il se "retrouve".

La sorcellerie, c'est aussi un mode thérapeutique pour un groupe, basé essentiellement sur la projection : le mal est à l'extérieur, et non à l'intérieur.
La boucle est bouclée : le mal vient de l'extérieur. Le groupe familial n'exclue pas le frère de Mamadou. Il n'est pas responsable, puisque tout vient de dehors, le groupe familial se regroupe et assure son soutien à celui qui est frappé. La cellule familiale trouve ainsi le système pour se protéger.

Mais on peut également voir autre chose : ces histoires ont également un rôle "éducatif"... Elles montrent qu'il ne faut pas transgresser certaines règles sous peine de mort. Voler la femme d'autrui, refuser d'obéir à des consignes ou encore refuser d'assumer une paternité et le châtiment peut être grave : la mort.



Il n'en reste pas moins que le montage pourrait être largement amélioré ! mdr... Donc si quelqu'un a envie de participer à ce projet afin de l'améliorer, qu'il se manifeste ;)

à bientôt


Rafaël



Stef  Le 08/12/2008 12:25  

Hello raf


Ton commentaire ouvre une porte, celle du déni

Si je comprend bien, l'idée est de rejeter ce mal sur l'extérieur, en lieu de dépression mal intérieur, il trouve un bouc émissaire permettant ainsi d'unifier le groupe dans cette difficulté en place d'une remise en cause qui l'affaiblirait

"Mamadou ne s'est pas écroulé dans son travail, non il n'a pas râté quelque chose du fait d'un manque de sérieux, ou d'un trop plein de pression par rapport aux attentes que la famille avait de lui"

Pas de remise en cause... simplement trouver un coupable extérieur !

Où est la rédemption si elle est basé sur une justification, réponse où compréhension fausse

Qu'elle sont rôle quand elle s'inscrit au niveau du groupe

Le déni est il une voie ?

là c'est ton opinion est le rôle que tu lui vois joué qui m'intéresse, son utilité au niveau du groupe afin de le souder, en opposition à notre individualisme ..et notre mea culpa

Je m'égare un peu, mais le sujet touche quelques choses qui m'est totalement étranger et que j'aimerai comprendre ....

merci rafaël

Rafaël  Le 08/12/2008 19:31  


Salut,

Pour le coup, je pense que l'on peut affirmer que le cas de Mamadou est un cas d'école...

Un conflit éclate, chacun campe sur ses positions. Le plaignant ensorcelle de ses mauvaises paroles celui qu'il juge avoir commis l'erreur , mais ce dernier tient bon... Il ne change pas son comportement.

Cependant, il peut en éprouver de la culpabilité.

Une série de malheur survient, et tout d'un coup, la culpabilité qui existe peut facilement pointer son nez... Et si il en était le fautif ? Et si c'était lui qui l'avait fait ?

Le chemin qui consiste à aller présenter des excuses m'apparaît plus comme une forme de soumission à l'égard de celui qui a finit par gagner cette bataille "magique". Il s'agit d'une pression psychologique, qui va fonctionner du fait des évènements extérieurs et de la culpabilité de la future "victime".

La sorcellerie, tout comme le phénomène de possession, met fréquemment en avant le principe psychanalytique de la projection,

D'après Wikipédia : "La projection est un mécanisme de défense décrit par la psychanalyse.
Il s'agit d'attribuer à autrui, ou à un objet, une qualité qui est sienne. Il s'agit en général d'une particularité négative, typiquement de la haine."

Prenons en exemple une scène du film DAKAN (film guinéen).
Ce film traite de la question de l'homosexualité masculine en Afrique de l'Ouest. Deux jeunes hommes guinéens sont amoureux et ils se heurtent à leurs familles respectives.
L'une des deux familles va traiter le problème en conduisant son enfant chez des féticheurs. Pour cette famille, le fils est possédé, car ce phénomène ne peut être naturel. Le guérisseur va effectuer des rituels, puis, un jour, le jeune sera purgé. Il acceptera lui aussi que ce penchant avait été causé par un mauvais génie qui avait pris possession de lui. Ainsi, pour lui, mais aussi pour la famille, il est libéré de quelque chose qui lui était étranger et qui avait été amené par le génie présent en lui. En d'autres termes, il n'est pas homosexuel.

La projection est un mécanisme de défense inconscient.
Je pense toutefois que cette explication est valable pour le frère de Mamadou, comme pour de nombreux cas de sorcellerie en Afrique ou en France.

Stef, tu me demandes ce qu'il en est de la rédemption, et tu me parles de l'importance de la vérité...

Je pense que peu importe la vérité après tout.

Il est vrai que je suis obligé de couper tout un tas de choses dans ce film... Revenons plus précisément sur notre cas : ce qu'il faut savoir, c'est que ce frère était justement un "soutien de famille"... Il avait réussit... Il était l'ainé, et son père était à la retraite. Toute la famille se reposait donc sur lui.

La famille peut elle reconnaître que son "poulain", celle sur qui elle s'appuyait, a faillit ? L'affaire devient grave : "Il y a des jours où on ne préparait plus à la maison". Il s'agit donc d'un grave problème qui touche l'ensemble de la famille, de par ses conditions de vie.

Que ce soit la vérité ou non, les rituels peuvent les aider à dépasser ce mal, à surmonter cette épreuve et à éradiquer le problème.

Ce fonctionnement a des côtés intéressant : au lieu de rejeter le fils, la famille se réunit autour de lui. Elle ne le juge pas coupable, elle va l'assister et va lutter avec lui contre l'extérieur. Encore une fois : ce n'est pas lui le fautif, on ne peut pas lui en vouloir.

Ce sort va permettre de ne pas regarder des problèmes qui dérangent... "Est ce qu'on a déjà vu qu'on licenciait un fonctionnaire parce qu'il ne venait pas au travail ?" (celle là vous l'aviez pas...)
Ce sera vrai, du moins, pour : Mamadou, sa mère et d'autres personnes proches certainement... Mais pas pour le neveu de Mamadou (pour qui notre sujet fait une dépression).

Si les trâmes sont souvent ressemblantes, les aboutissements ne sont pas toujours les mêmes. Aujourd'hui, je ne sais pas ce qui s'est passé pour le frère de Mamadou. Peut être a-t-il pu relancer sa vie... Peut être que les choses se sont faites doucement et naturellement, ou peut être qu'un rituel efficace a pu convaincre tout le monde que le mal était désormais éradiqué...

En conclusion, visionnez le film DAKAN... ;)